jeudi 20 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 17 - MAI 1911

L'ILE SONNANTE
N° 17 (Mai 1911)
[Date de publication : Mai 1911 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie (Sauf du 1er Mai au 1er Octobre)"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 3, rue Marguerin, Paris 14e (les 2 premiers mercredis du mois, de 9 h. à 11 h. s.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "Les 10 numéros de la 2e série de L'Île Sonnante paraîtront aux dates suivantes : 1er novembre et 1er décembre 1910, 1er janvier, 1er février, 1er mars, 1er avril, 1er mai, 1er juillet, 1er octobre et 1er décembre 1911."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Titre, Adresse, Mention ("publie chaque année environ 300 pages in-8"), extrait des sommaires des deux premières séries, Publicités (Galerie Marseille et Vildrac ; Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Service des Revues (Alceste, L'Amitié de France, L'Art décoratif, L'Art libre, Le Beffroi, Les Cahiers du Centre, La Chronique des lettres françaises, Le Chroniqueur de Paris, Le Divan, Les Droits de l'Homme, L'Effort, Les Facettes, Le Feu, Les Feuillets, Le Florilège, La Forge, Les Guêpes, L'Heure qui sonne, Les Hommes du Jour, Les Loups, Les Marches de l'Est, Les Marges, Nouvelles de la République des Lettres, La Nouvelle Revue françaiseL'Occident, Pan, Le Penseur, La Phalange, Poesia, Poésie, Propos, La Renaissance contemporaine, La Revue septentrionale, La Revue du traditionnisme, Le RythmeLes Rubriques nouvelles, Le Samedi, Le Spectateur, Les Tablettes, Le ThyrseVers et Prose, La Vogue française) - Bas de Page 232 : Gérant, Imprimeur - Pagination : 40 pages]
Sommaire
M[ichel]. P[uy]. : A nos lecteurs, présentation (p. [193]-194)
Louis Mandin : Automne : Éclosion lyrique (p. [195]) ; Rayons posthumes (p. [196]), poèmes (p. [195]-[196])
Henri Strentz : Une Maison, nouvelle [A Julien Polti] (p. [197]-201)
Roger Frène La Révolte (fragment), poème [daté "1903"] (p. [202]-204)
Léon Vérane : Dans la Cour, poème (p. 204)
Charles Callet : Le Sauvage de la Butte, récit [Extrait de Sigalion le Conteur - A Louis Pergaud - chapeau : "Madame la Baronne de Smarck, femme de lettres des plus connues, occupe Sigalion en qualité de secrétaire. Le jeune homme ne voulant être à charge à personne, montra assez de courage et de volonté pour se plier aux besognes littéraires qui lui furent commandées."] (p. [205]-209)
Fernand Divoire : Stratégie littéraire, étude [A Louis Pergaud, zoologiste - à propos de l'affaire Romains-Fauchois] (p. [210]-212)
Louis Haugmard : Tentation, poème (p. [213]-214)
Jean Fabre : Enclore le passé dans l'amour, poème (p. [215])
Roger Lalli : Matinée perdue, récit ["A mes confrères / Souvent hommes de plus d'idée que de volonté"] (p. [216]-217)
CHRONIQUES
Tristan Derème : Chronique des poèmes [Jules Leroux : La Brume dorée (Sansot) - (p. [218]-219) ; Guy Lavaud : Des Fleurs, pourquoi... (Cornély) - (p. 219-221) ; Georges Chennevière : Le Printemps (Figuière) - (p. 222-223)], comptes rendus (p. [218]-223)
Louis Pergaud Les Romans [J.-H. Rosny aîné, La Guerre du Feu - (p. [224]-225) ; Alfred Jarry, Gestes et Opinions du Docteur Faustroll pataphysicien - (p. 225) ; Charles Morice, Il est ressuscité ; Meg Villars, traduit par Willy, Les Imprudences de Peggy - (p. 226) ; Louis Chaffurin, La fin d'un milliardaire - (p. 226-227)], comptes rendus (p. [224]-227)
Édouard Gazanion : Les Revues [Dans L'Heure qui sonne, M. Gaston Picard entreprend la tâche difficile d'une classification des revues. "Continuation du symbolisme" et "retour au classicisme", tels sont pour lui les deux pôles de la littérature moderne. "Subjectifs et objectifs", pourrait-on résumer. Mais quand il emploie le mot : pôles, il est certain que l'auteur ne saurait mieux dire. Pôle nord et pôle sud évidemment, tous deux glacés et stériles, l'un de pédantisme, l'autre de contrainte ; reste à savoir s'il ne surgira pas, entre ces campagnes lointaines, une souriante contrée moins sévère et moins brumeuse, pleine de fleurs odorantes et de gras pâturages. Une renaissance inattendue du sens fantaisiste et directement émotif, moins déclamatoire que le "naturisme", plus proche encore du terroir et de l'instinct. Il ne convient guère de s'embarrasser de questions de forme, mais je conseillerai fort aux belligérants des camps "bergsoniens" et "néo-classiques" de prendre garde aux courts poèmes que publient Jean Pellerin, Tristan Derème, Léon Vérane et Francis Carco. Ce sont d'imprévus adversaires, en dehors des habituels classements, mais dont les concurrents accoutumés feraient bien de se méfier. En tout cas, il devient impossible de ne point démasquer le puffisme de certaines écoles, la boursouflure et la vacuité de normaliens intarissables, la prétention de petits maîtres déjà dédaigneux. Plusieurs, tant qu'il ne fut question que de les opposer à la platitude d'un Dorchain, à la trivialité d'un Jean Aicard, s'avérèrent d'une incontestable utilité. Maintenant, il semble bien que leur jeune réputation, retour de Russie ou des pays tchèques, soit devenue, pour l'art en général et l'esthétique française en particulier, un imminent et incontestable danger. / C'est ainsi que les adaptations métaphysiques de MM. Romains et Duhamel furent salutaires un instant. Mais est-il croyable que M. Arcos prétende lutter contre la médiocrité, qu'il reproche à tant de poètes académiques, par des vers ainsi formulés : "Nous respirons sans nous gêner dans le même air" ou "vous êtes là et je vous vois, vos yeux sont bons" ? - Enfin, comment une oreille musicale peut-elle supporter cette épouvantable cacophonie : "Oh ! n'est-il pas un œuf dont un jour nous naîtrons" ? Cela ressemble, du reste, à la prose rocailleuse que, deux pages plus loin, dans le même numéro de Pan, M. Han Ryner nous permet de savourer. Il y a là quatre pages d'un délicieux dialecte grec-petit-nègre... ; Il n'est pas jusqu'à M. Francis Jammes qui ne laisse de nous vexer par de trop simplets aphorismes tels que celui-ci : "Pascal écrit avec des ténèbres ; La Fontaine avec du soleil. C'est la même chose !" (Les Tablettes, n° de Mars). On éprouve une indicible gêne devant de semblables évidences... ; Ne ressent-on pas un certain malaise quand M. Louis Codet susurre, dans Les Marges : "Ta beauté a brûlé la pointe de mon cœur" ? et, du même auteur, nous préférons : la Chanson des belles faïences... ; Et je m'en voudrais de ne pas remercier M. Robert Veyssié d'avoir, dans La Renaissance contemporaine, cité en entier ce superbe poème que M. Émile Verhaeren intitule "Épilogue"... ; A lire : Les Marches de l'Est : La blessure mal fermée, par Georges Ducrocq ; La Phalange : Poème, par Léon-Paul Fargue ; La Nouvelle Revue française : Petits Dialogues grassois, par Francis de Miomandre ; Les Marches du Sud-Ouest, luxueux magazine bordelais ; Revue d'Europe et d'Amérique : Souvenirs sur Charles-Louis Philippe, par Mme Marguerite Audoux ; Le Feu : Marie de Magdala, par Emile Sicard ; La Chronique des lettres française ; Le Divan : Puirajoux, poèmes par Francis Eon ; Propos ; L'Art Libre ; L'hexagramme ; Les Feuillets ; Le Thyrse ; La Revue des Poètes belges ; Le Florilège artistique et littéraire ; Les Guêpes : Enquête supposée et numéro en hommage de Boileau ; La Forge ; Le Rythme ; Le Fouet, journal satirique hebdomadaire, dirigé par J. Valmy Baysse.], chronique (p. [228]-231)
M[ichel]. P[uy]., *** : Notes, notes [Le Théâtre Français. - Le Théâtre Français a une excuse invariable quand il refuse une oeuvre littéraire : il n'est pas un théâtre d'avant-garde et ne peut accueillir que des pièces consacrées ; pour les autres, il y a des scènes spéciales, l'Œuvre, le Théâtre Antoine et même l'Odéon, théâtre d'essai. Et, fort d'une vérité aussi incontestable, on refusera l'Iphigénie de Moréas ou la Dame à la faulx de Saint-Pol-Roux : mais demain, on montera un vaudeville... - (p. 231-232) - signé M. P. ; La gloire à Toulouse. - Toulouse a vu naître Ephraïm Mikhaël et une statue de ce poète se dresse au point central de cette ville. Mais ne cherchez pas, dans les bibliothèques publiques de Toulouse, le volume unique des œuvres de Mikhaël : en 1911, aucune n'a encore songé à se le procurer ? ; Nouvelles de la République des Lettres. - C'est le titre d'une petite revue actuelle ; on n'a pas dit, croyons-nous, que M. Salmon l'a emprunté à Bayle... ; Une exposition du livre et de la presse. - Un exposition du livre et de la presse va être organisée à l'exposition de Roubaix, sous les auspices du Comité national des Expositions coloniales...  - (p. 232)] (p. 231-232)
Document
"A nos lecteurs"
Voici dix-huit mois qu'a paru le premier numéro de l'Île Sonnante. Cela représente déjà une longue existence pour une revue.
Depuis sa naissance, nous avons été amenés à réfléchir aux conditions dans lesquelles elle répondrait le mieux à son objet. Il nous a semblé que certains numéros auraient gagné à être composés avec moins de hâte et qu'une périodicité moins fréquente nous laisserait le loisir de préparer des fascicules plus soignés.
On nous a objecté qu'une revue avait besoin de paraître mensuellement pour ne pas se laisser oublier. Mais nous avons l'exemple de publications comme les Marges et Vers et Prose, qui, paraissant l'une six fois par an, l'autre tous les trimestres, sont néanmoins plus vivantes que la plupart des revues mensuelles. L'estime dont bénéficie une revue tient donc plutôt à l'intérêt qu'elle présente qu'au nombre de ses fascicules.
Nous n'avons donc pas hésité à décider que l'Île Sonnante ne paraîtrait plus désormais que tous les deux mois. Mais nous avions à tenir compte et des droits de nos abonnés, et de l'avantage que nous aurions à faire coïncider désormais la publication de chacune de nos séries avec l'année officielle.
Nous devions maintenir à dix le nombre des numéros de la présente série, dont les trois derniers (numéros 18, 19 et 20) paraîtront les 1er juillet, 1er octobre et 1er décembre 1911. Ainsi nos abonnés recevront le nombre de numéros que nous leur avons promis. Quant aux séries futures, l'Île Sonnante paraîtra régulièrement les 1er février, 1er avril, 1er juin, 1er août, 1er octobre et 1er décembre, ce qui nous permettra d'éviter les deux époques du jour de l'An et des grandes vacances, où les lecteurs les plus assidus se désintéressent des revues.
Enfin un certain nombre d'abonnements ont été souscrits avec effet à partir du 1er janvier 1911 ; nous considérons qu'ils comportent le droit à 10 numéros et qu'ils ne se termineront qu'avec le deuxième numéro de la troisième série.
L'Île Sonnante a reçu, depuis sa fondation, de trop nombreux encouragements pour que nous n'adressions pas aujourd'hui nos remerciements à toutes les personnes qui nous ont manifesté leur sympathie.
Continuant à publier des poèmes, des contes, des articles d'idées ou de discussion, nous espérons que dans l'avenir, avec six numéros annuels de 40 à 56 pages in-8, elle répondra pleinement à son objet qui est de favoriser les manifestations d'une littérature d'expression très moderne, à la fois éprise de nouveauté et sans indulgence pour la surenchère.
Entre un classicisme terne et sans flamme et les essais de ceux qui réclament l'originalité à tout prix, il nous semble qu'il reste le vaste domaine des images neuves et des idées nuancées, où aiment à se rencontrer les plus fervents amis des lettres, qui ne jugent pas une oeuvre belle parce qu'elle est classée ni parce qu'elle est en dehors de tout ce qui a été fait, mais qui cherchent à s'appuyer, pour guider leur jugement, sur les conseils de leur goût et l'expérience de leur sensibilité.
M. P.

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