jeudi 20 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 17 - MAI 1911

L'ILE SONNANTE
N° 17 (Mai 1911)
[Date de publication : Mai 1911 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie (Sauf du 1er Mai au 1er Octobre)"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 3, rue Marguerin, Paris 14e (les 2 premiers mercredis du mois, de 9 h. à 11 h. s.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "Les 10 numéros de la 2e série de L'Île Sonnante paraîtront aux dates suivantes : 1er novembre et 1er décembre 1910, 1er janvier, 1er février, 1er mars, 1er avril, 1er mai, 1er juillet, 1er octobre et 1er décembre 1911."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Titre, Adresse, Mention ("publie chaque année environ 300 pages in-8"), extrait des sommaires des deux premières séries, Publicités (Galerie Marseille et Vildrac ; Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Service des Revues (Alceste, L'Amitié de France, L'Art décoratif, L'Art libre, Le Beffroi, Les Cahiers du Centre, La Chronique des lettres françaises, Le Chroniqueur de Paris, Le Divan, Les Droits de l'Homme, L'Effort, Les Facettes, Le Feu, Les Feuillets, Le Florilège, La Forge, Les Guêpes, L'Heure qui sonne, Les Hommes du Jour, Les Loups, Les Marches de l'Est, Les Marges, Nouvelles de la République des Lettres, La Nouvelle Revue françaiseL'Occident, Pan, Le Penseur, La Phalange, Poesia, Poésie, Propos, La Renaissance contemporaine, La Revue septentrionale, La Revue du traditionnisme, Le RythmeLes Rubriques nouvelles, Le Samedi, Le Spectateur, Les Tablettes, Le ThyrseVers et Prose, La Vogue française) - Bas de Page 232 : Gérant, Imprimeur - Pagination : 40 pages]
Sommaire
M[ichel]. P[uy]. : A nos lecteurs, présentation (p. [193]-194)
Louis Mandin : Automne : Éclosion lyrique (p. [195]) ; Rayons posthumes (p. [196]), poèmes (p. [195]-[196])
Henri Strentz : Une Maison, nouvelle [A Julien Polti] (p. [197]-201)
Roger Frène La Révolte (fragment), poème [daté "1903"] (p. [202]-204)
Léon Vérane : Dans la Cour, poème (p. 204)
Charles Callet : Le Sauvage de la Butte, récit [Extrait de Sigalion le Conteur - A Louis Pergaud - chapeau : "Madame la Baronne de Smarck, femme de lettres des plus connues, occupe Sigalion en qualité de secrétaire. Le jeune homme ne voulant être à charge à personne, montra assez de courage et de volonté pour se plier aux besognes littéraires qui lui furent commandées."] (p. [205]-209)
Fernand Divoire : Stratégie littéraire, étude [A Louis Pergaud, zoologiste - à propos de l'affaire Romains-Fauchois] (p. [210]-212)
Louis Haugmard : Tentation, poème (p. [213]-214)
Jean Fabre : Enclore le passé dans l'amour, poème (p. [215])
Roger Lalli : Matinée perdue, récit ["A mes confrères / Souvent hommes de plus d'idée que de volonté"] (p. [216]-217)
CHRONIQUES
Tristan Derème : Chronique des poèmes [Jules Leroux : La Brume dorée (Sansot) - (p. [218]-219) ; Guy Lavaud : Des Fleurs, pourquoi... (Cornély) - (p. 219-221) ; Georges Chennevière : Le Printemps (Figuière) - (p. 222-223)], comptes rendus (p. [218]-223)
Louis Pergaud Les Romans [J.-H. Rosny aîné, La Guerre du Feu - (p. [224]-225) ; Alfred Jarry, Gestes et Opinions du Docteur Faustroll pataphysicien - (p. 225) ; Charles Morice, Il est ressuscité ; Meg Villars, traduit par Willy, Les Imprudences de Peggy - (p. 226) ; Louis Chaffurin, La fin d'un milliardaire - (p. 226-227)], comptes rendus (p. [224]-227)
Édouard Gazanion : Les Revues [Dans L'Heure qui sonne, M. Gaston Picard entreprend la tâche difficile d'une classification des revues. "Continuation du symbolisme" et "retour au classicisme", tels sont pour lui les deux pôles de la littérature moderne. "Subjectifs et objectifs", pourrait-on résumer. Mais quand il emploie le mot : pôles, il est certain que l'auteur ne saurait mieux dire. Pôle nord et pôle sud évidemment, tous deux glacés et stériles, l'un de pédantisme, l'autre de contrainte ; reste à savoir s'il ne surgira pas, entre ces campagnes lointaines, une souriante contrée moins sévère et moins brumeuse, pleine de fleurs odorantes et de gras pâturages. Une renaissance inattendue du sens fantaisiste et directement émotif, moins déclamatoire que le "naturisme", plus proche encore du terroir et de l'instinct. Il ne convient guère de s'embarrasser de questions de forme, mais je conseillerai fort aux belligérants des camps "bergsoniens" et "néo-classiques" de prendre garde aux courts poèmes que publient Jean Pellerin, Tristan Derème, Léon Vérane et Francis Carco. Ce sont d'imprévus adversaires, en dehors des habituels classements, mais dont les concurrents accoutumés feraient bien de se méfier. En tout cas, il devient impossible de ne point démasquer le puffisme de certaines écoles, la boursouflure et la vacuité de normaliens intarissables, la prétention de petits maîtres déjà dédaigneux. Plusieurs, tant qu'il ne fut question que de les opposer à la platitude d'un Dorchain, à la trivialité d'un Jean Aicard, s'avérèrent d'une incontestable utilité. Maintenant, il semble bien que leur jeune réputation, retour de Russie ou des pays tchèques, soit devenue, pour l'art en général et l'esthétique française en particulier, un imminent et incontestable danger. / C'est ainsi que les adaptations métaphysiques de MM. Romains et Duhamel furent salutaires un instant. Mais est-il croyable que M. Arcos prétende lutter contre la médiocrité, qu'il reproche à tant de poètes académiques, par des vers ainsi formulés : "Nous respirons sans nous gêner dans le même air" ou "vous êtes là et je vous vois, vos yeux sont bons" ? - Enfin, comment une oreille musicale peut-elle supporter cette épouvantable cacophonie : "Oh ! n'est-il pas un œuf dont un jour nous naîtrons" ? Cela ressemble, du reste, à la prose rocailleuse que, deux pages plus loin, dans le même numéro de Pan, M. Han Ryner nous permet de savourer. Il y a là quatre pages d'un délicieux dialecte grec-petit-nègre... ; Il n'est pas jusqu'à M. Francis Jammes qui ne laisse de nous vexer par de trop simplets aphorismes tels que celui-ci : "Pascal écrit avec des ténèbres ; La Fontaine avec du soleil. C'est la même chose !" (Les Tablettes, n° de Mars). On éprouve une indicible gêne devant de semblables évidences... ; Ne ressent-on pas un certain malaise quand M. Louis Codet susurre, dans Les Marges : "Ta beauté a brûlé la pointe de mon cœur" ? et, du même auteur, nous préférons : la Chanson des belles faïences... ; Et je m'en voudrais de ne pas remercier M. Robert Veyssié d'avoir, dans La Renaissance contemporaine, cité en entier ce superbe poème que M. Émile Verhaeren intitule "Épilogue"... ; A lire : Les Marches de l'Est : La blessure mal fermée, par Georges Ducrocq ; La Phalange : Poème, par Léon-Paul Fargue ; La Nouvelle Revue française : Petits Dialogues grassois, par Francis de Miomandre ; Les Marches du Sud-Ouest, luxueux magazine bordelais ; Revue d'Europe et d'Amérique : Souvenirs sur Charles-Louis Philippe, par Mme Marguerite Audoux ; Le Feu : Marie de Magdala, par Emile Sicard ; La Chronique des lettres française ; Le Divan : Puirajoux, poèmes par Francis Eon ; Propos ; L'Art Libre ; L'hexagramme ; Les Feuillets ; Le Thyrse ; La Revue des Poètes belges ; Le Florilège artistique et littéraire ; Les Guêpes : Enquête supposée et numéro en hommage de Boileau ; La Forge ; Le Rythme ; Le Fouet, journal satirique hebdomadaire, dirigé par J. Valmy Baysse.], chronique (p. [228]-231)
M[ichel]. P[uy]., *** : Notes, notes [Le Théâtre Français. - Le Théâtre Français a une excuse invariable quand il refuse une oeuvre littéraire : il n'est pas un théâtre d'avant-garde et ne peut accueillir que des pièces consacrées ; pour les autres, il y a des scènes spéciales, l'Œuvre, le Théâtre Antoine et même l'Odéon, théâtre d'essai. Et, fort d'une vérité aussi incontestable, on refusera l'Iphigénie de Moréas ou la Dame à la faulx de Saint-Pol-Roux : mais demain, on montera un vaudeville... - (p. 231-232) - signé M. P. ; La gloire à Toulouse. - Toulouse a vu naître Ephraïm Mikhaël et une statue de ce poète se dresse au point central de cette ville. Mais ne cherchez pas, dans les bibliothèques publiques de Toulouse, le volume unique des œuvres de Mikhaël : en 1911, aucune n'a encore songé à se le procurer ? ; Nouvelles de la République des Lettres. - C'est le titre d'une petite revue actuelle ; on n'a pas dit, croyons-nous, que M. Salmon l'a emprunté à Bayle... ; Une exposition du livre et de la presse. - Un exposition du livre et de la presse va être organisée à l'exposition de Roubaix, sous les auspices du Comité national des Expositions coloniales...  - (p. 232)] (p. 231-232)
Document
"A nos lecteurs"
Voici dix-huit mois qu'a paru le premier numéro de l'Île Sonnante. Cela représente déjà une longue existence pour une revue.
Depuis sa naissance, nous avons été amenés à réfléchir aux conditions dans lesquelles elle répondrait le mieux à son objet. Il nous a semblé que certains numéros auraient gagné à être composés avec moins de hâte et qu'une périodicité moins fréquente nous laisserait le loisir de préparer des fascicules plus soignés.
On nous a objecté qu'une revue avait besoin de paraître mensuellement pour ne pas se laisser oublier. Mais nous avons l'exemple de publications comme les Marges et Vers et Prose, qui, paraissant l'une six fois par an, l'autre tous les trimestres, sont néanmoins plus vivantes que la plupart des revues mensuelles. L'estime dont bénéficie une revue tient donc plutôt à l'intérêt qu'elle présente qu'au nombre de ses fascicules.
Nous n'avons donc pas hésité à décider que l'Île Sonnante ne paraîtrait plus désormais que tous les deux mois. Mais nous avions à tenir compte et des droits de nos abonnés, et de l'avantage que nous aurions à faire coïncider désormais la publication de chacune de nos séries avec l'année officielle.
Nous devions maintenir à dix le nombre des numéros de la présente série, dont les trois derniers (numéros 18, 19 et 20) paraîtront les 1er juillet, 1er octobre et 1er décembre 1911. Ainsi nos abonnés recevront le nombre de numéros que nous leur avons promis. Quant aux séries futures, l'Île Sonnante paraîtra régulièrement les 1er février, 1er avril, 1er juin, 1er août, 1er octobre et 1er décembre, ce qui nous permettra d'éviter les deux époques du jour de l'An et des grandes vacances, où les lecteurs les plus assidus se désintéressent des revues.
Enfin un certain nombre d'abonnements ont été souscrits avec effet à partir du 1er janvier 1911 ; nous considérons qu'ils comportent le droit à 10 numéros et qu'ils ne se termineront qu'avec le deuxième numéro de la troisième série.
L'Île Sonnante a reçu, depuis sa fondation, de trop nombreux encouragements pour que nous n'adressions pas aujourd'hui nos remerciements à toutes les personnes qui nous ont manifesté leur sympathie.
Continuant à publier des poèmes, des contes, des articles d'idées ou de discussion, nous espérons que dans l'avenir, avec six numéros annuels de 40 à 56 pages in-8, elle répondra pleinement à son objet qui est de favoriser les manifestations d'une littérature d'expression très moderne, à la fois éprise de nouveauté et sans indulgence pour la surenchère.
Entre un classicisme terne et sans flamme et les essais de ceux qui réclament l'originalité à tout prix, il nous semble qu'il reste le vaste domaine des images neuves et des idées nuancées, où aiment à se rencontrer les plus fervents amis des lettres, qui ne jugent pas une oeuvre belle parce qu'elle est classée ni parce qu'elle est en dehors de tout ce qui a été fait, mais qui cherchent à s'appuyer, pour guider leur jugement, sur les conseils de leur goût et l'expérience de leur sensibilité.
M. P.

dimanche 16 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 16 - AVRIL 1911

L'ILE SONNANTE
N° 16 (Avril 1911)
[Date de publication : Avril 1911 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 6, rue des Ursulines, Paris 5e (le mercredi soir de 9 h. à 11 h.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "La Revue ne paraît pas pendant les mois d'août et de septembre."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Livres récents (liste), Publicité (Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Revues à lire (Arlequin, L'Art libreLes Bandeaux d'or, Le Beffroi, Le Centaure, La Chronique des lettres françaises, Le Divan, Le Feu, Les GuêpesIsis, Les Marges, Mercure de France, La Nouvelle Revue françaiseL'Occident, Pan, La Phalange, Les Poèmes, ProposLes Rubriques nouvelles, Le Spectateur, Vers et Prose- Bas de Page 192 : Gérant, Imprimeur - Pagination : 32 pages]
Sommaire
Édouard Gazanion : Orage manqué, poème (p. [161])
Charles Callet : Un cénacle littéraire, récit [A M. Lucien Baudelot - En introduction : "Ces quelques pages sont extraites d'un roman en préparation : Sigalion le Conteur, Histoire littéraire contemporaine."] (p. [162]-165)
Francis Carco : Music Hall, récit (p. [166]-167)
Henri Delisle Marseille, poème (p. [168])
Paul Vimereu : Le Platane, nouvelle (p. [169]-176)
Michel Puy : A propos du "Trust", compte rendu [à propos du roman de Paul Adam] (p. [177]-184)
Louis Pergaud Romans et Brochures [Jean Bizot, par Antonin Chaude, biblioth. de Poésie - (p. [185]-186) ; Le Théâtre contemporain, par Henri Maassen ; Pour nos églises, discours prononcé par Maurice Barrès à la Ch. des députés, le 16 janvier 1911 - (p. 186) ; Leconte de Lisle, par Gaston Sauvebois, Portraits d'hier - (p. 186-187) ; Le Roy du Languedoc, par Marc Stéphane, Cabinet du Pamphlétaire, 91, rue Péronnet, Neuilly - (p. 187-188)], chronique (p. [185]-188)
R[oger]. F[rène]., M[ichel]. P[uy]. : Notes, notes [La pièce du juif déserteur. - Le conflit est curieux et mérite d'être noté au passage. / Les royalistes profitent d'une bien belle occasion pour manifester : un juif, auteur de pièces de théâtre, naguère déserteur, fait représenter une de ses œuvres à la Comédie-Française : A mort le juif, s'écrient-ils ; démission, Claretie ! / Certes, le théâtre de M. Bernstein ne mérite pas qu'on le défende avec beaucoup d'âpreté ; l'art de cet écrivain est fruste, de qualité douteuse, tout en mouvement, dénué de psychologie : c'est du théâtre ! disent avec admiration les gens du métier... - (p. [189]-190) - signé R. F. ; Encore la grammaire. - Devenons-nous des puristes ? A force de viser à la correction, nous finirons par ruiner la langue... - (p. 190-191) - signé M. P. ; Les Revues. - La Renaissance contemporaine vient d'ouvrir une enquête sur la situation des jeunes écrivains contemporains : "Est-il plus difficile qu'autrefois de se faire connaître ? Les jeunes sont-ils entravés ou aidés par leurs aînés arrivés ? Un vrai talent peut-il encore rester ignoré ? Pourquoi ?" Plusieurs des écrivains qui ont répondu à ces questions, jugent qu'il est plus facile qu'autrefois de se faire connaître, à cause de la multiplicité des prix littéraires... ; A lire : Nouvelles Revue française : l'Otage, de Paul Claudel ; Isabelle, roman, par André Gide ; le Divan : une étude de Henri Martineau sur le poète Guy Lavaud ; Revue des poètes belges : des poèmes de Fernand Séverin ; l'Art décoratif : l'Art musulman à l'Exposition de Munich, par Marcel Montandon ; les Marches du Sud-Ouest, revue nouvelle dirigée par Olivier Bag : une enquête sur l'oeuvre de Vielé-Griffin ; les Cahiers du Centre : les Sports aux champs, par Henri Bachelin ; la Phalange : Du rythme en français, par Robert de Souza. - (p. 191-192) - signé M. P. ; Une enquête. - MM. Cyril et Berger viennent de commencer, dans l'Intransigeant, une enquête sur la misère à Paris... ; Elsen. - Le Théâtre de la Gaîté vient de représenter un drame lyrique, Elsen, dont la musique est de M. Adalbert Mercier et le livret de notre collaborateur Jean Ferval. - (p. 192)] (p. [189]-192)

samedi 15 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 15 - MARS 1911

L'ILE SONNANTE
N° 15 (Mars 1911)
[Date de publication : Mars 1911 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 6, rue des Ursulines, Paris 5e (le mercredi soir de 9 h. à 11 h.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "La Revue ne paraît pas pendant les mois d'août et de septembre."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Livres récents (liste), Publicité (Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Revues à lire (Arlequin, L'Art libreLes Bandeaux d'or, Le Beffroi, Le Centaure, La Chronique des lettres françaises, Le Divan, Le Feu, Les GuêpesIsis, Les Marges, Mercure de France, La Nouvelle Revue françaiseL'Occident, Pan, La Phalange, Les Poèmes, ProposLes Rubriques nouvelles, Le Spectateur, Vers et Prose- Bas de Page 160 : Gérant, Imprimeur - Pagination : 32 pages]
Sommaire
Daniel Thaly : Le Jardin des Tropiques : I. Aux Antilles (p. [129]) ; II. Crépuscule de Décembre (p. [129]-130) ; III. Soirs de Vent, poèmes (p. [129]-130)
Louis Pergaud : La Fontaine et la psychologie animale, étude (p. [131]-143)
Jean Fabre : Pays de Tamaris..., poème (p. [144])
Roger Frène Stances nostalgiques : "Michel Puy, vous souvenez-vous..." (p. [145]-146) ; "Prodigue de ses horizons..." (p. 146-147) ; "Nous fûmes rayonnants de foi..." (p. 147-148) ; "C'est l'ère du renoncement..." (p. 148-149), poèmes [datés "1908"] (p. [145]-149)
Tristan Derème : Chronique des Poèmes, comptes rendus [Pierre Jean Jouve : Les Muses romaines et florentines (Messein) - (p. [150]-151) ; Georges Périn : Le Chemin, l'Air qui glisse (Bernard Grasset) - (p. 151-152) ; Berthe Reynold : Par les chemins (La Phalange) - (p. 152-153) ; Édouard Gazanion : Chansons pour celle qui n'est pas venue (Vers et Prose) - (p. 153-154)] (p. [150]-154)
Michel Puy Les Revues [Quelle différence d'état d'esprit on constate dans les milieux littéraires, quand on se rappelle les petites revues, telles qu'elles étaient il y a dix ans, et qu'on les compare à ce qu'elles sont aujourd'hui ! On était alors socialiste, anarchiste, internationaliste ; on était follement ombrageux à l'égard de tout ce qui représentait l'ordre ou le pouvoir ; on avait foi dans une sorte de devenir social où s'adoucissaient peu à peu les dures lois de la vie des peuples. On était hostile à tout ce qui incarnait l'esprit national ou l'autorité. On faisait volontiers l'éloge des pays étrangers et on oubliait, en faveur de la petite patrie provinciale, la grande patrie française. Aujourd'hui, au contraire, nous rencontrons partout des signes d'attachement au pays, de réaction contre un égalitarisme étroitement entendu, de résistance aux prétentions de l'étranger. Des revues, soit en France, soit dans les pays de langue française, se sont fondées pour défendre la culture française contre l'envahissement germanique. L"une, les Marches de l'Est, essaie de grouper les efforts de toutes les contrées qui sont en lutte contre l'invasion de l'esprit allemand : Alsace, Lorraine, Ardennes, Luxembourx, Pays wallons, Suisse romande. A Gand, viennent de se fonder les Moissons futures qui ont pour but de "défendre et propager la littérature d'expression française en Belgique et spécialement en Flandre". Les Feuillets, revue genevoise qui vient de remplacer la Voile latine disparue, revendiquent le droit pour les Suisses français de développer leur propre culture dans son sens particulier, de s'opposer à l'esprit de conquête des Suisses allemands. / Dans les revues de littérature pure, on retrouve un commun désir de redire la valeur de notre art, la fidélité au passé littéraire de notre pays. Nous avons pris goût à tout ce qui est notre raison d'être, nous avons repris conscience de la valeur de notre race, et nous nous sommes mis à affirmer notre droit à rester ce que nous sommes, avec nos traits distinctifs et ce que les étrangers appellent nos défauts et qui n'est que l'envers des qualités qu'ils nous envient. Dans un journal républicain et démocrate qui s'est signalé par son ardeur dans la lutte politique, il y a dix ans, et qui est ressuscité il y a quelques mois, les Droits de l'homme, on discernerait des tendances du même ordre : volonté d'instaurer un régime de liberté qui tourne au profit de tous et non pas seulement d'une faction, de défendre le peuple contre ses propres exigences, de revivifier le sentiment national. Nulle part on ne constate plus cette ardeur inconsidérée qui poussa les "intellectuels" à tolérer les théories absurdes des sans-patrie, à se laisser gagner par la maladie collectiviste, à se fier à la vertu du désordre, à imaginer une organisation sociale dans laquelle, en l'absence de tout commandement, tout fonctionnerait à la perfection. Tous sentent qu'il ne faut pas faire fond sur des utopies, mais sur des réalités vivantes. / Comme pour confirmer ce renouveau de l'esprit national, l'admiration la plus hautement avouée par la jeunesse s'est portée sur Racine, c'est-à-dire sur celui de nos écrivains qui représente de la manière la plus particulière les tendances françaises et qui reste le plus fermé aux étrangers. Cette admiration est devenue article de foi. Si un conférencier entreprend de le contredire, il occasionne un scandale presque plus politique que littéraire. Et pourtant nous devrions être reconnaissants à M. Fauchois de nous avoir, par ses critiques un peu forcées, donné l'envie de sonder notre propre sentiment à l'égard de l'oeuvre de Racine. En général, les grands écrivains ne nous sont parvenus que sous l'escorte de la glose des commentateurs qui ont interposé, entre eux et nous, un monde d'idées conventionnelles. Pour eux, le théâtre de Corneille nous expose la lutte du devoir contre la passion, dont il triomphe toujours. Pourtant, si l'on en croit Moréas dans ses Variations, "tout Paris acclamait le Cid, et il paraissait si beau qu'il donnait de l'amour aux dames les plus continentes." Ne faut-il pas en conclure que cette tragédie, comme beaucoup de succès littéraires, fut douée de cette vertu d'excitation qui agit même sur les honnêtes femmes et les incline à sacrifier leur devoir à la passion, même imaginaire ? / Ce serait une belle tâche, pour nos contemporains, d'aborder directement les grands écrivains en faisant abstraction de tout ce qui a été écrit sur eux. C'est à quoi s'est efforcé M. Henri Ghéon dans un article de la Nouvelle Revue Française, intitulé "l'exemple de Racine". "Rien ne dénote, dit-il, à ses débuts, rien ne confirme dans la suite, fût-ce en un éclair passager, ni le bouillonnement d'images qui tourmentait un d'Aubigné, ni l'impulsion grandiloquente d'un Corneille, ni l'aisance si variée d'un La Fontaine, ni la verve drue d'un Molière. Racine porte en lui quelque chose de moins puissant mais de plus rare, et ses premières poésies, par quelques vers de paysage doux, fins et frais, le révèlent à qui sait lire : l'instinct de la valeur sensuelle des mots, selon leur place dans la phrase, une voix non pas faite pour convaincre ni exalter, mais pour chanter, aimer, séduire... Caresse du langage, voilà son don premier, personnel et irréductible." / Pour n'avoir point subi l'épreuve du temps comme Racine, Renan n'en reste pas moins goûté, aimé des amis des lettres. M. André du Fresnois, dans les Rubriques nouvelles, discute les assertions des professeurs comme M. Parigot, M. Fonsegrive, qui contestent son oeuvre au point de vue historique et philosophique et qui jugent qu'il n'a rien laissé que la trace de sa personnalité. "Ne rien laisser que la trace de sa personnalité, écrit M. du Fresnois, dites-moi, graves universitaires, êtes-vous sûrs que cela ne soit rien ? Êtes-vous sûrs que cela ne soit pas tout ?" / A côté de la tâche qui s'offre à nos contemporains de pénétrer l'œuvre de nos meilleurs auteurs, il leur en revient une autre qui n'est pas moins belle, celle de défendre contre des critiques étroites l'oeuvre des écrivains qui représentent le mieux les lettres françaises : aujourd'hui Renan, hier Baudelaire. / Michel Puy. / A propos de ma dernière chronique, M. Eugène Montfort me fait observer que "depuis le numéro de juillet dernier, Philoxène Bisson donne aux Marges des extraits des autres revues, ce qui paraît plus intéressant pour le lecteur qu'une énumération monotone de titres d'articles." / Une chronique des revues pourtant ne pourrait-elle pas devenir fort intéressante si elle était faite avec le même soin que les autres chroniques des Marges ?], chronique (p. [155]-157)
R[oger]. F[rène]., M[ichel]. P[uy]. : Notes, notes [L'idée de perfection (suite). - Un ami a bien voulu s'intéresser à la question soulevée dans le précédent numéro sur les conditions de la perfection littéraire et la distinction qui était faite entre la pureté verbale et la pureté artistique... - (p. [158]-159) - signé R. F. ; La crise du français. - Il paraît qu'on ne sait plus écrire en français. Les jeunes ingénieurs sont incapables d'exposer leurs idées clairement, de donner une forme agréable à un rapport professionnel. Les élèves des lycées, dans leurs compositions de style, prodiguent les incorrections. A la Sorbonne enfin, la science particulariste a absorbé toute l'attention des étudiants et des maîtres, et n'a pas laissé de place à l'art de bien dire et de bien penser. / La revue Les Marges, en prenant l'initiative d'une pétition pour la réforme des programmes qui régissent depuis 1902 l'enseignement des lycées, a au moins atteint ce résultat de nous fournir une donnée précise ; on a trop diminué, dans ces programmes, la part du latin et du français, bases certaines de toutes études sérieuses... - (p. 159-160) - signé M. P.] (p. [158]-160)

mercredi 12 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 14 - FÉVRIER 1911

L'ILE SONNANTE
N° 14 (Février 1911)
[Date de publication : Février 1911 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 6, rue des Ursulines, Paris 5e (le mercredi soir de 9 h. à 11 h.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "La Revue ne paraît pas pendant les mois d'août et de septembre."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Livres récents (liste), Publicité (Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Revues à lire (Arlequin, L'Art libreLes Bandeaux d'or, Le Beffroi, Le Centaure, La Chronique des lettres françaises, Le Divan, Le Feu, Les GuêpesIsis, Les Marges, Mercure de France, La Nouvelle Revue françaiseL'Occident, Pan, La Phalange, Les Poèmes, ProposLes Rubriques nouvelles, Le Spectateur, Vers et Prose- Bas de Page [128] : Gérant, Imprimeur - Pagination : 32 pages]
Sommaire
Tristan Derème : Petits Poèmes : "Puisque tout est pareil aux feuillages labiles..." ; "Prends ton manteau..." ; "L'ombre élève un parfum de tilleul et de fraise...", poèmes (p. [97])
Louis Pergaud : L'héroïsme de Jacquot, récit [A Léon Hennique] (p. [98]-105)
Léo Loups : Le gué, poème (p. [106])
Charles Callet Le secret de Tyrtée (conte ancien), conte [A Michel Puy] (p. [107]-110)
Jean Ferval A propos de "Bêtes", étude [sur le succès de De Goupil à Margot de Louis Pergaud] (p. [111]-113)
Fernand Divoire : Les Maîtres, les Disciples et la Poésie, étude (p. [114]-118)
Roger Frène : Les Poèmes, comptes rendus [Tristan Derème : Petits Poèmes - (p. [119]-120) ; André Foulon de Vaulx : La Fontaine de Diane - (p. 120-121) ; André Salmon : Le Calumet - (p. 121-122) ; Edmond Gojon : Le Visage penché - (p. 122)] (p. [119]-122)
Michel Puy Les Revues [Les revues ne comptent guère dans la vie littéraire que parce qu'elles participent à un mouvement général : chacune d'elle, isolée, ne signifierait rien. Parmi celles qui sont les plus importantes par leur format et par le public qu'elles atteignent, le Mercure seul pourrait peut-être avoir la prétention de se suffire à lui-même et de satisfaire un lecteur curieux, parce que, dans sa partie encyclopédique, il rend compte assez minutieusement du travail actuel des idées, tel qu'il apparaît dans les livres et les périodiques. Pour ce qui regarde les revues qui, faute d'un public étendu, se contentent de poursuivre ce but désintéressé d'exprimer des manières de voir et de juger particulières et de présenter au monde des lettrés des écrits de choix, il semble qu'il leur est impossible de s'ignorer l'une l'autre et qu'il y a entre elles une solidarité : car elles prennent part à une tâche commune, elles s'expliquent, se complètent l'une l'autre, vivent dans une même atmosphère, sont parcourues par les mêmes lecteurs. Elles valent par leur nombre, par leur ensemble ; à elles toutes, elles traduisent l'évolution de la pensée et de l'art modernes, elles représentent les préoccupations et les sentiments d'une génération d'écrivains. Trois de ces revues se classent à part par l'intérêt qu'elles présentent pour nous : la Nouvelle Revue Française qui, outre des notes inspirées par le plus sagace esprit critique, a publié depuis sa création une série d’œuvres qui semble apporter un renouveau dans la conception du roman : la Porte étroite de Gide, Fermina Marquez de Valery Larbaud, Jacques l’Égoïste de Jean Giraudoux ; les Marges qui se signalent par une grande indépendance de jugement, par le souci de toucher à tous les sujets littéraires ou artistiques sans pédantisme, et qui visent en même temps qu'à l'énoncé d'idées justes et piquantes, à un certain amusement de l'intelligence ; la Phalange qui est une revue de combat et qui soutient avec un admirable enthousiasme la cause de la poésie, s'attachant à défendre les droits de la poétique nouvelle et à maintenir la tradition de la prose rare. Or, de ces trois revues que nous ouvrons avec une curiosité presque égale, et dont les collaborateurs sont souvent les mêmes, aucune ne nous permettrait d'apprendre que les deux autres, non plus que les autres publications moins compactes, existent. On croirait volontiers que chacune d'elles s'est enfermée à part dans son cercle et ne sait rien des passions qui agitent les cercles voisins. Chacune d'elle tiendrait à nous faire présumer, si nous ne parcourions les autres, qu'à elle seule elle résume tout le mouvement littéraire nouveau et nous en conclurions alors que ce mouvement est bien restreint. Mais le plus étonnant, c'est qu'une bonne partie des petites revues les imitent ; et même certaine, qu'on a taxée parfois de pédantisme, ne cite jamais que la Revue des Deux Mondes, le Correspondant ou la Revue de Paris, comme si elle se piquait d'aller de pair avec des publications aussi imposantes. Or le combat littéraire se poursuit plus par la revue que par le livre. Il peut arriver à tout le monde de feuilleter une revue. Le livre, surtout quand il s'agit de poèmes, ne va guère qu'entre les mains des personnes à qui l'auteur en a fait don ; et le curieux qui se plairait à les parcourir, a, pour se dispenser de les acheter, au moins deux motifs sérieux : d'abord leur prix élevé, ensuite la difficulté de faire un choix dans la quantité de ceux qui paraissent. Quel esprit de particularisme inspire donc les revues pour que chacune s'applique à nier l'existence de ses sœurs ? Cette attitude tient-elle à la concurrence, à l'infatuation des groupes qui les dirigent, à la volonté bien arrêtée de ne faire aucune publicité à une autre revue ? Et chacune vise-t-elle à faire croire qu'elle seule est nécessaire ? Elles n'arrivent au contraire qu'à se condamner elles-mêmes. Comment protesteraient-elles contre le mépris où les tiennent les grands périodiques, lorsqu'elles-mêmes n'essaient point d'orienter leurs lecteurs vers la connaissance de la nouvelle littérature ? Je demanderais à la Nouvelle Revue Française de ne pas me laisser ignorer que la Phalange ou les Marges existent et remuent des idées intéressantes, et serai-je vraiment satisfait par la lecture de la Phalange et des Marges, si je n'y apprends point que la Nouvelle Revue Française publie des romans attachants ? En parcourant les numéros récents des revues, je n'ai trouvé que quatre d'entre elles qui consacrent aux autres revues quelques pages : le Divan, le Florilège, les Nouvelles de la République des Lettres et le Rythme. Pour le lecteur, la revue indispensable serait celle qui le renseignerait d'une manière assez complète sur le mouvement littéraire récent ; si, pour se renseigner, il doit ouvrir toutes les revues, n'y a-t-il pas des chances pour que, cela étant impossible, il se dispense d'en ouvrir aucune ?], chronique (p. [123]-125)
R[oger]. F[rène]., M[ichel]. P[uy]. : Notes, notes [L'idée de perfection. - On attribue ce propos à Moréas : "En poésie, il n'y a que la perfection qui compte", et c'est certainement ce qu'a pu affirmer l'auteur des Stances. D'autre part M. André Gide a écrit : "Le mot grand poète ne veut rien dire ; c'est être un pur poète qui importe", et nul ne s'en étonnera de la part d'un écrivain aussi soigneux... - (p. [126]-128) - signé R. F. ; Ce n'est pas un nouveau douanier. - Sur un mot lancé avec trop de hâte par un virtuose, on a cru quelque temps que la musique à son tour allait avoir son "douanier"... - (p. 128) - signé M. P.] (p. [126]-128)

dimanche 9 avril 2017

L'ILE SONNANTE N° 12 - DÉCEMBRE 1910

L'ILE SONNANTE
N° 12 (Décembre 1910)
[Date de publication : Décembre 1910 - Couverture : Série (2e), Numéro, Date, Titre (en rouge), Sous-titre, Périodicité (Paraissant tous les mois), Sommaire, Prix du numéro, Adresse - 2e de couverture : Titre, Adresse, Rédaction ("Le Mardi de 5 heures et demie à 7 heures et demie"), Comité de Rédaction, Mentions ("Adresser toutes les communications à M. Michel Puy, 21, rue Rousselet, Paris (VIIe)" ;  "Les manuscrits peuvent aussi être déposés chez MM. Charles Callet, 23 rue de Vaugirard, Paris, 6e (le samedi soir de 9 à 11 h.), Édouard Gazanion, 67, rue Caulaincourt, Paris, 18e (le mercredi de 5 à 7 h.), et Louis Pergaud, 6, rue des Ursulines, Paris 5e (le mercredi soir de 9 h. à 11 h.)", "Les auteurs sont seuls responsables de leurs articles" / "Les manuscrits seront retournés aux auteurs qui en feront la demande, mais l'Administration de la Revue décline toute responsabilité en ce qui concerne les manuscrits qui viendraient à être perdus ou détruits." / "La Revue ne paraît pas pendant les mois d'août et de septembre."), Abonnement, Abonnement d'essai ("3 Numéros : 1 franc") - 3e de couverture : Livres récents (liste), Publicité (Le Courrier de la Presse) - 4e de couverture : Revues à lire (Arlequin, L'Art libreLes Bandeaux d'or, Le Beffroi, Le Centaure, La Chronique des lettres françaises, Le Divan, Le Feu, Les Guêpes, Isis, Les Marges, Mercure de France, La Nouvelle Revue française, L'Occident, Pan, La Phalange, Les Poèmes, Propos, Les Rubriques nouvelles, Le Spectateur, Vers et Prose- Bas de Page [64] : Gérant, Imprimeur - Pagination : 32 pages]
Sommaire
Fernand Divoire : Le Bain, poème en vers libres (p. [33]-34)
Marc Stéphane : Nouveaux Propos subversifs, notes (p. [35]-39)
Daniel Thaly : Le Chant de la Caravelle, poème [en note : "Ce poème, modifié ici, a paru dans le numéro du 1er avril 1903 de la revue La Pensée moderne." - daté "Toulouse, 1902" - extrait de Le Jardin des Tropiques] (p. [40]-41)
A.-R. Schneeberger Confession : I. "Mon orgueil vas-tu ployer..." (p. [42]-43) ; II. "Je rougirai mes pieds..." (p. 43-44), poème [en épigraphes, citations de Nietzsche : "... Je saurais me figurer une musique dont le charme singulier consisterait pour elle à ne rien savoir ni du bien ni du mal...", et de Paul Verlaine : "Et le mal et le bien, tout a les mêmes charmes." - extrait des Paroles sans musique] (p. [42]-44)
Tancrède de Visan Ma Névralgie, récit (p. [45]-50)
Gabriel-Joseph Gros : Le Ciel, poème (p. [51]-52)
René d'Avril : Scherzo et Choral : Danse des follets, poème en vers libres [en épigraphe, citation de La Damnation de Faust  : "Esprit des flammes inconstantes."] (p. [53]-55)
A.-M. Gossez : Un hommage à Hégésippe Moreau datant de 1839, présentation d'un poème de Julien Rouffet, Amertume / Sur la mort d'Hégésippe Moreau (p. 57-59) [en épigraphes du poème, citations de Leconte de Lisle : "Vous me direz un jour si votre premier songe / Ira s'évaporer en douloureux mensonge.", et d'Alfred de Musset : "Pauvreté ! Pauvreté !..." - daté "1838"] (p. [56]-59)
Édouard Gazanion Les Revues ["Les blessures que nous recevons, nous les recevons dans Racine. Les êtres que nous sommes, nous les sommes dans Corneille" conclut M. Charles Péguy dans : "Victor-Marie, comte Hugo", qui constitue le premier cahier de la douzième série des Cahiers de la Quinzaine. D'avoir douté de cet aphorisme mal en prit à M. René Fauchois qui conférencia récemment au théâtre de l'Odéon. De même, M. Faguet fit crier au sacrilège parce qu'il considéra Baudelaire comme un "poète de second ordre" (La Revue, 1er septembre). Point par point, M. Gide réfute les arguments du sceptique universitaire et nous donne dans La Nouvelle Revue Française une admirable étude critique qui prouve que l'on peut en face de l'adversaire garder la plus estimable correction. Mais M. Faguet, dans la Revue des deux mondes prophétise en outre la décadence de la langue française, ce qui lui vaut dans La Phalange une juste réponse de M. Jean Royère... ; Une nouvelle revue L'Heure qui sonne pose maintenant "le cas Ernest-Charles" ; elle ouvre une enquête où tous sont invités à combattre pour ou contre M. Ernest-Charles. On ne nous dit pas s'il y aura des prix ni quelle sera la récompense d'un semblable tournoi. Seul le cas André Gide-Remy de Gourmont prend heureusement fin sur ces paroles de M. Gide : "Si M. de Gourmont n'est pas élu par l'Académie Goncourt, elle aura montré que son goût n'est pas plus sûr que celui de l'autre Académie en ne nommant pas M. Henri de Régnier" (Nouvelle Revue Française). ; Mais un autre événement fort important aurait pu attirer davantage l'attention de la jeune littérature. M. Léopold Rosy nous apprend dans Le Thyrse le succès qu'obtint en Belgique "le Congrès des œuvres intellectuelles de langue française"... ; Toujours en Belgique, Le Florilège artistique et littéraire publie sous la signature de M. Kemperheyde une importante étude sur M. Touny-Lérys, avec ce titre si justifié : "un poète d'amour"... ; L'intérêt de telles études sur les poètes est d'en condenser l'oeuvre, d'en synthétiser le talent, comme le plus grand intérêt des revues est de nous permettre de concentrer notre attention sur un poème pris en particulier. Ainsi dans Les Marges nous avons pu admirer "la Matinée Musicale" de M. Roger Frène et "Passe Temps" par M. André Mary. Le Beffroi nous donne des "Interludes humoristiques" de M. Léon Deubel, "A une femme-poète" de M. Lucien Rolmer, des vers de Jules Renard et "La Donneuse de cartes" de D. G. Rossetti que traduisit M. Henri Delisle. Dans La Phalange un large et pur poème de M. Jean Royère : "Paraphrase" et de curieuses fantaisies par M. André Spire dont le souple talent fleurit une délicate ironie. D'étranges rythmes, un lyrisme qui fait songer à la véhémence des prophètes bibliques, caractérisent la pensée et la forme de M. Fagus (L'Occident). De M. Pierre Tournier, dans Pan, une apologie de l'"Hypnos"... ; Nous retrouvons dans L'Art libre la sensibilité de M. Charles Vildrac... ; Au Divan, M. Michel Puy chante la nonchalance "des chats insinuants guidés par les odeurs"... ; Les Facettes nous révèle d'inédits talents poétiques... ; L'une s'en vient, comme dit la chanson, d'autres s'en vont. Nous adressons ici un fraternel adieu à nos confrères : Les Flèches, Arlequin et Le Centaure qui mettent fin à leur publication. Mais la disparition d'une revue n'attente heureusement en rien à la vitalité de ses rédacteurs et nous nous consolons à la pensée de les trouver vaillants et forts, en d'autres manifestations de la vie littéraire. Celles-ci s'affirment multiples si l'on consulte la liste des périodiques que fit éclore la religion de l'Art. Deux cents revues ou gazettes, minces ou épaisses, sous forme de brochures ou de journaux, expriment quelles idées et quelles considérations esthétiques les plus récentes inspirèrent la pensée française. Différentes de valeur et d'opinion ces diverses publications n'en constituent pas moins un splendide essor, une véritable force... ; A lire. - La Phalange : "Le Couperet", une dramatique nouvelle où M. Valery Larbaud analyse des âmes complexes d'enfants ; Pan : "Nouvelles de Guichin" par Max Jacob, une artistique et presque invisible déformation apporte à des sujets très simples un extraordinaire intérêt ; Les Rubriques nouvelles : "L'Œuvre d'Elémir Bourges" par M. Nicolas Beauduin, tout le sommaire de cette intéressante revue serait du reste à citer... ; La Renaissance contemporaine, où M. E. Melchior de Vogüe fait un appel à tous les écrivains pour donner à Ferdinand Brunetière une tombe plus digne que l'étroite pierre du cimetière Montparnasse ; La Rénovation morale ; Propos, avec la critique théâtrale de M. Marcel Millet ; La Voile latine ; Les Documents du progrès : "Les Héros et les Dieux" poèmes par M. Fernand Mazade, "L'Art social" par M. Emile Verhaeren ; Le Feu : "Le discours du Chevrier" poème par M. Jean-Marc Bernard... ; Le Penseur ; Belgique-Athénée ; Les Cahiers du Centre ; L'Âme latine : "A Olivier de la Fayette" poème par Charles Grolleau ; Les Loups ; Les Actes des poètes ; Le Chroniqueur de Paris ; Arts et Sciences ; Ombres et Formes ; L'Hermine ; L'Estello, revue provençale languedocienne et aquitaine que dirige le capoulié du Félibrige, le poète et romancier Valère Bernard ; Le Cynique ; Les Muses ; Les Guêpes ; Paris-Coulisses devenu hebdomadaire : Paris la nuit, chronique par Francis Carco ; Les Nouvelles de la République des Lettres, "Poème" par M. Max Jacob et un bien curieux article sur M. Jules Romains et le "Traité de Divination".], chronique (p. [60]-63)
M[ichel]. P[uy]. : Notes, notes [Aimer Baudelaire. - Il s'est fait grand bruit autour d'un article de M. Faguet sur Baudelaire, qu'a publié la Revue il y a quelque temps...] (p. [64])